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La population des 70-98 ans va baisser de moitié.

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Temple du Feu
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MessageSujet: La population des 70-98 ans va baisser de moitié. Mer 18 Fév - 2:05

Tous les ans, les plus grands responsables monastiques du monde se réunissaient dans un lieu préétabli par le doyen des religieux afin de réfléchir sur les événements passés, de valider ou non les prophéties que quelques profanes ou moines disaient avoir reçu des dieux ; mais surtout, dans un univers spirituel mis en morceaux par les interprétations personnelles, les dissensions d'analyse et le nombre toujours plus nombreux de nouvelles branches et d'ordres neufs, de mettre toute la communauté du monde ninja d'accord sur quelques points de doctrine – mais plus souvent des détails sans importance. Ainsi, l'année passée vit la résolution d'un débat ouvert depuis le début du siècle, et dont la fermeture ne provoqua aucun soulagement ; sinon pour les moines eux-mêmes : à la suite d'une querelle de plusieurs semaines, durant lesquelles les moines d'une secte du sud tranchèrent une nuit la barbe des maîtres de la méditation du pays de l'Herbe, les doyens furent heureux d'annoncer à l'univers (qui s'en moquait à juste titre) que « ce fut bien avec un miroir décoré d'ivoire et non d'or que la déesse du Soleil parvint à soigner son ongle incarné, au quarante-neuvième jour de la lutte contre les géants des mers ».

En bref, il était plus facile de créer des conflits lors du sommet annuel des religieux qu'à une réunion des responsables ninjas les plus belliqueux. On s'étripait sur une virgule d'un vieux parchemin comme les Kages se menaçaient d'une guerre dès lors que le tracé d'une carte ne respectait pas leurs frontières d'un millimètre ; et quiconque, jeune moine ou théologien amoureux de son office, s'y rendait avec l’optimisme de débats ouverts et embrassant la totalité de la création, quittaient les lieux, troublés dans leur vocation. Ainsi, avec les années, la réunion n'était devenue qu'un salon de thé pour vieillards sourds et notables reconnus dans la profession : au premier jour, ils décidaient des sujets à traiter, puis donnaient aux débatteurs et aux hommes d'importance le soin de sélectionner leurs hommes et d'organiser leurs groupes de débats. Puis, après plusieurs semaines de combats sanglants, d'embuscades de couloirs et de pièges maladroitement exécutés, les accords étaient signés et les doctrines modifiées. Tout cela devait permettre de pacifier le monde des moines, de lui donner un équilibre ; mais il n'en était rien.

Jamais Inari ne se rendit à ces sommets, n'y voyant aucun moyen de développer sa doctrine, et n'y rencontrant que des faussaires déguisés en religieux ; non des serviteurs sincères du monde invisible et parallèle au monde ninja. D'où venait la puissance du Ninjutsu ? À quoi bon avoir donné aux hommes du chakra, sinon pour s'ordonner eux-mêmes selon les principes des kamis ? De telles questions, dans lesquelles les moines devaient être aux premiers rangs, étaient désertées par les savants et laissées à des écoles de penseurs niais – voire pire, aux politiciens des jeunes générations qui, le plus souvent, avaient grandi sans éducation moniale.

De plus, l'ordre auquel Inari appartenait rassemblait les groupuscules les plus radicaux ; la tradition y était reine, et le refus des réformes présidait aux décisions de leur supérieur, en tant que moyen défensif de se garder des trahisons ordonnées par le sommet. S'ils n'étaient pas accueillis volontiers lors des réunions annuelles, les disciples d'Inari ne s'y rendaient pas vraiment – n'y ayant qu'une représentation symbolique et minime afin de montrer leur désintérêt de la question, mais surtout leur autonomie. Car il se déroulait une lutte plus grande lors de ces sommets, une lutte politique et non doctrinale : derrière ces discussions de façade et ces débats sans intérêt, c'était toute une conception du monde des kamis qui combattait son antagonisme ; et, au-delà de la seule question idéologique, une volonté de s'accaparer l'autorité religieuse, de savoir qui décidait de la lecture des textes et de la loi. En laissant son fauteuil vide, tous les ans, Inari montrait qu'il ne reconnaissait pas le poids des doyens et de leur ligne doctrinale, et que leur véritable adversaire, leur véritable maître, c'était lui.

Ainsi, lorsqu'à l'énième réunion, près du pays de la Terre, des rumeurs de sa possible présence se répandirent comme un frisson parmi les organisateurs et les moines déjà présents sur les lieux, une atmosphère nouvelle indiqua jusqu'au plus haut niveau de la hiérarchie que les sujets du débat, cette année, ne concerneraient plus des virgules et autres sujets inutiles, mais une révolution dans les textes et l'organisation des moines ; car Inari ne se déplaçait – et tous craignaient assez sa réputation pour le savoir – que pour mieux prendre en mains des décisions d'importance mondiale. Alors, lorsque son carrosse et la centaine de moines qui constituait sa suite tâcha l'horizon d'une dentelle noire, les gardes et les moines se réunirent dans le silence pour accueillir leur prestigieux hôte avec tout le sérieux et toute l'hypocrisie nécessaires.

Des tentes rouges avaient été dressées si haut que le vent, dans ses instants de violence, manquaient de faire s'envoler la structure ; et des drapeaux brodés d'or, installés le long de l'entrée principale qu'une haie de statues divines décorait, indiquaient aux invités quels ordres seraient représentés. Puisque le plus haut responsable de sa hiérarchie était venu en personne, un flanelle d'argent flottait le long des insignes monastiques d'Inari. À sa vue, les invités suivants, et qui n'avaient pas eu vent de la nouvelle, sentirent une liqueur brûlante leur remplir l'intérieur du corps.

Mais Inari – quoique lui-même apparut, parchemins sous le bas pour mieux tromper les masses incrédules – n'était pas là pour discuter de la ponctuation des textes, ou de la raison pour laquelle tel dieu avait divorcé « dans un nuage de poussière d'or » avec tel autre. Sous les manteaux rouges et sombres de ses disciples, dans leurs tonneaux de saké et de vivres, dans leurs boîtes de matériel, il n'y avait ni livres, ni saké, ni vivres, ni matériel ; mais des armes ; et les quelques parchemins qu'ils avaient tous ceints à leurs poitrines ne contenaient pas les textes fondateurs de leur religion, mais des sceaux afin d'invoquer d'autres armes. La règle d'or était stricte lors du sommet des monastères : aucune violence ; pas la plus petite pointe de métal n'était admise à l'intérieur de la haute tente pourpre. Inari n'en avait que faire. Avant la tombée de la nuit, lorsque le dernier drapeau du dernier invité se lèverait dans les airs comme le voile d'un navire, il se rendrait le maître le plus influent – sinon le seul – du monde religieux. Et quiconque, à l'avenir, voudrait recevoir un éclairage religieux d'une question quelconque devrait passer par lui.

Le vieillard prit donc place parmi les autres doyens qui le virent s'asseoir avec une appréhension justifiée. Tous serraient les poings, comme si un séisme manquait de les renverser de leur siège. S'ils n'étaient pas de bons moines selon Inari, ils n'en restaient pas moins doués d'écoute et de visions ; et tous sentaient, par la relation particulière qui les liait au monde astral, qu'une violence historique s'apprêtait à bouleverser les structures qu'ils avaient connues depuis toujours.

Alors, recevant la parole à son tour, Inari se dressa de tout son long, toisant l'assistance d'un regard autoritaire et plein de mépris. Il ne dissimula pas dans ses traits ni dans sa voix la haine qu'il ressentait à l'égard des moines. Son discours, qui ne dépassa pas une dizaine de minutes, passa bien vite des remerciements protocolaires et de l'appel à la clairvoyance et à l'aide divines au procès – procès dont il était seul juge. Il accusa la médiocrité actuelle des moines, leur repli du monde politique. Il insulta d'une phrase le sommet des moines, qui n'était à ses yeux qu'un rassemblement spéculatif pour funérailles. À chaque intonation violente, à chaque point d'exclamation, son doigt se dressait, menaçant comme un kunaï, vers un responsable d'importance ; après quoi, sans s'interrompre une seconde, ses mots et ses insultes glaçaient le sang des invités. Et, avant même que le doyen général pût lever une main frêle afin d'ordonner qu'on fît respecter le règlement général, les disciples d'Inari, comme un seul homme, quittèrent leurs places disséminées dans l'assistance et, accompagnées d'ordres sectes et d'ordres ordres tout aussi mal vus que le leur, firent apparaître des bâtons, des lances et des shurikens géants, noyant la populace dans d'importantes nuées de poudre blanche.

Le pourpre de la tente permit aux giclées de sang de ne jurer avec aucune couleur. Seul l'or des statues et le bronze des torches disparut sous une épaisseur rouge et brillante. Mais la masse se tua d'avantage sous les pas que sous les coups. Tous s'étaient rués vers l'unique sortie de la tente ; et du dehors, les gardes virent, effrayés, des mains humaines et des ongles déchirer le tissu de la structure afin de la quitter. Le vacarme et le danger les attirèrent à l'intérieur ; bloquant d'avantage la circulation, et permettant aux hommes d'Inari de les y tuer également.

Pas un homme n'échappa aux massacres. Les moines s'étaient tant désintéressés du monde du chakra et de l'art d’interagir avec la puissance dérobée aux kamis que rares furent ceux qui parvinrent à se défendre ; mais leur nombre, et leur âge (car ils étaient bien souvent les plus vieux) ne leur permirent pas de résister bien longtemps aux attaques. De plus, Inari s'était occupé personnellement des possibles dangers présents ce jour-là. Il ne resta d'eux que des os teintés de poudre charbonneuse et répandus dans un lit de braises humaines. Alors, quand le silence revint, Inari s'avança vers le trône du doyen dont le vent dispersa les restes ; et, s'asseyant à sa place qu'une petite épaisseur de cendre avait rendu chaude, il inspira une dernière fois, tandis que ses disciples lui firent don des insignes du pouvoir monastique incrustés de diamants ; et le vieil homme, quittant les lieux avec la suite, décida de s'installer un peu plus loin afin d'échapper aux agents des pays voisins – lesquels étaient probablement déjà en chemin afin de se renseigner sur le massacre dont la rumeur se répandit, et d'informer leurs seigneurs des événements historiques qui virent l'émergence d'une seule autorité parmi les monastères du monde, et, enfin d'une seule et unique doctrine ; la doctrine « inariste » du pays de Hi.

Que restait-il à présent ? S'occuper des moines de Tsuchi. En effet, le Kage de la Terre était un homme trop stratège, trop fin politiquement pour avoir laissé à l'ordre d'Inari le soin de se développer dans ses frontières. Il savait probablement que la doctrine du vieil homme, et ses objectifs à long terme, était de remplacer les moines de chaque seigneur par l'un des siens ; et, ainsi, en soumettant à l'autorité religieuse l'autorité administrative, de restructurer le pays non pas autour du Tsuchikage, mais de la noblesse. Expérience et finalité délicates ; car toute l'autorité du pays était entre les mains d'un seul, et que l'aristocratie qu'Inari souhaitait voir à nouveau aux affaires, comme dans sa jeunesse, n'avait plus qu'un pouvoir symbolique. À l 'acte II de son intervention, il était décidé à transformer la victoire du jour en victoire plus grande ; et à introduire son influence même au pays de la Terre, quitte à y semer des troubles pouvant résulter en une guerre.




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